Rencontre du temps

Le temps brise les gens

Te voila sur le quai, adulte à peine fait, Effrayé par la vie loin du conte de fée. Dans la foule d'anonymes, comme des trains qui passent Tu vois partir tes chances en wagon première classe. Le bagage se fait lourd, la solitude pèse. Et dans les couloirs froids, de ce monde, rien n’apaise. Il faut toujours courir pour suivre le courant, Car celui qui perd pied est laissé là, mourant. Pour ne pas être seul, tu forges une carapace, Un masque qui t'isole, une prison dans la masse. Ces blessures que tu traînes, jamais cicatrisées, Tu les caches en toi-même par peur d’être brisé. Le bonheur tu n'y crois qu'à travers un écran, Bercé par les promesses en fond, du Télécran. Tu maquilles tes craintes, habilles tes angoisses Tu effaces ton empreinte pour te faire une place. Les gens souvent usent le temps Le temps parfois brise les gens Les heures se sont succédées, sans train à l'horizon. Les gens autours de toi se sont fait une raison. Abandonnant leurs rêves aux abords de la gare, Au confort bien précaire, d'un salaire de smicard Ce n'est pas le rêve qui tue, mais l'attente, Quand le remord prend forme d'une tumeur latente, Quand c'est la mort dans l’âme chaque petit matin, Qu'ils soulèvent leur corps de travailleurs pantins. Ils veulent encore croire qu'ils poursuivent un rêve, Quand ce n'est qu'un fantôme, une illusion si brève, Une fantaisie soumise aux règles d’obsolescence, Créées dans le seul but d'acheter l'obéissance. Quand ils n'ont plus d'espoir, plus que des souvenirs, Ils rêvent pour leur môme d'un meilleur avenir, Et voulant leur bonheur précipite leur tourment, A l'engrenage malsain du plus grand rendement. Les gens souvent usent le temps Le temps parfois brise les gens Les idéaux se fanent, comme s'éteignent les torches Sur le fil du rasoir la jeunesse s'écorche Le poids des traditions écrasent les convictions Les grands espoirs font place aux grandes déceptions La vie se fait amère, pleine de frustrations Le gout de tout se perd en procrastination Les folies de jeunesse se couvrent de prudence L'orgueil appelle sagesse ce qui n'est que défiance A Toi.
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J'aime beaucoup. Mais s'agit-il du temps...?

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